La population
La population thaïlandaise appartient à 80% à l'ethnie thaïe et est bouddhiste à 86 % (bouddhisme theravada ou hinayana).
Histoire du peuplement
Les Thaïs sont arrivés du sud de la Chine (province du Yunnan) vers le XIIIe s., à la suite de la conquête de la région par les Mongols. Ils se sont alors mêlés aux populations locales, à l'origine môns-khmères.
On peut distinguer ainsi, selon leurs dialectes, les Siamois (Centre), les Laos (Nord-Est), les Khongs Muang (Nord), les Thaïs Pak Tai, les Chans (Ouest), les Phu Thaïs, les Thaïs Lu, les Laos Song, les Phuans, les Thaïs Isan (Nord-Est).
Les Chinois, arrivés à la fin du XIXe et au début du XXe s., se sont généralement bien intégrés, sans obstacle religieux ; ils ont adopté la nationalité thaïlandaise et parlent le thaï. Leur nombre varie selon que l'on considère les « Chinois nationaux » (0,8 %) ou les Sino-Thaïs (10 % de la population totale).
Au nord et à l'ouest, des populations montagnardes proto-indochinoises et mongoloïdes (550 000 personnes) comprennent plusieurs groupes. Les principaux sont les Karens (300 000), venus de Birmanie vers le XVIIIe s., et, arrivés plus récemment fin XIXe-début XXe s., les Hmongs (ou Miaos) (87 000), originaires de Chine du Sud, les Lahu (59 000), venus de Chine du Sud-Ouest, les Yaos (38 000), originaires de Chine centrale, les Akhas (38 000) et les Lisu (25 000), venus du Tibet.
Les Karens, installés sur les premières hauteurs du Nord, à proximité de la frontière birmane, pratiquent la culture sur brûlis, quelquefois la riziculture, et font de l'élevage. Plus haut dans les montagnes, les autres pratiquent, également sur brûlis, la culture du pavot à opium (interdite depuis 1958). Des efforts ont été réalisés pour introduire des cultures de substitution.
Une minorité malaise musulmane (un million d'individus) vit regroupée dans les quatre provinces du Sud (Pattani, Narathiwat, Yala et Satun). Le malais y est plus pratiqué que le thaï, et le défaut d'intégration a encouragé des mouvements séparatistes qui ont fait régner l'insécurité dans cette région jusqu'à la fin des années 1980.
Enfin, une communauté khmère vit dans le Nord-Est (moins de 1 % de la population), ainsi qu'une minorité vietnamienne, arrivée au XVIIIe et au XIXe siècles.
Démographie et développement
Le taux d'accroissement de la population s'est fortement réduit au cours des années 1980 (3,4 % en 1960, 1,5 % en 1996) grâce à un programme de contrôle des naissances efficace mais surtout à une amélioration du niveau de vie.
La densité moyenne (environ 117 hab./km2) est comparable à celle de la France, mais la population est encore rurale (80 %). La Thaïlande fait donc partie des pays faiblement urbanisés d'Asie. Elle possède pourtant, avec Bangkok et sa conurbation de 10 millions d'habitants, l'une des très grandes métropoles asiatiques, voire mondiale. Le Grand Bangkok, moteur de la croissance économique du pays, assure près de la moitié du PNB et les 3/4 de la production industrielle. Dans un but de décongestionnement, plusieurs programmes ont été mis en place : création de nouvelles villes satellites, amélioration des transports collectifs et de la circulation, réputée pour ses embouteillages monstrueux et sa pollution, amélioration de l'adduction d'eau, protection contre les inondations, nouvelles infrastructures de transport, mais, il faut se rendre à l'évidence, les résultats sont insuffisants.
On s'efforce donc de promouvoir des pôles de croissance en province : au nord, Chiangmai (165000 habitants) ; au nord-est, Nakhon Ratchasima (89000 habitants) et Khon Kaen, avec le développement de grands axes routiers (Friendship Highway, Bangkok-Nong Khai) ; au sud, Songkhla, désormais premier port de pêche du pays (81000 habitants).
Enfin, la population thaïlandaise est mobile. Les migrations, le plus souvent temporaires, ont lieu vers les villes ou les régions qui comptent encore des terres à défricher.