Histoire

(IIIème siècle avant JC - 1782)

 

Origines et influences Khmères

Les sites de peuplements les plus importants et les plus nombreux semblent localisés dans l'Ouest (bassin du Mékong, presqu'île Malaise) et dans les provinces du Nord et du Nord-Est. La tradition bouddhique rapporte l'envoi par Ashoka de missionnaires à Suvannabhumi (la « Terre de l'or », probablement la basse Birmanie et l'ouest du bassin du Ménam), vers 250 avant J.-C.

Au IIIe s. apparaissent dans les textes chinois les allusions au commerce transitant par le nord de la presqu'île Malaise.

AU VIIe s., un royaume de Dvaravati peut être localisé dans la région de Nakhon Pathom ; de peuplement môn et de culture bouddhique, il semble avoir eu une influence considérable.

À partir du VIIIe s., toute mention de Dvaravati disparaît ; ce silence pourrait être lié à l'expansion du royaume de Shrivijaya. Attesté en 775 à Nakhon Si Thammarat, pratiquant le bouddhisme du Mahayana, le royaume de Shrivijaya s'est étendu au détriment des royaumes voisins.

Peu après le milieu du IXe s., l'influence de la culture khmère se révèle déjà dans l'est du bassin du Ménam.

Au début du XIe s., le souverain d'Angkor, Suryavarman Ier, étend sa domination sur Lopburi (1022-1025) et la région de Don Chedi. Durant près de deux siècles, l'histoire sera dominée par les progrès de l'occupation khmère : étendue sous uryavarman II (1113-1150) aux régions de Sukhothai et de Sakhon Nakhon, celle-ci se relâchera à la fin du règne. Si Jayavarman VII (1181-vers 1218), restaurateur de la puissance angkorienne, annexe presque toute l'actuelle Thaïlande, Nord et royaume de Haripunjaya exceptés, l'hégémonie khmère n'excèdera guère la durée du règne.


Les royaumes thaïs

Les Thaïs n'interviennent dans l'histoire politique qu'à partir du deuxième quart du XIIIe s. Ces populations non chinoises s'étaient établies avant l'ère chrétienne dans la Chine méridionale. Une lente migration vers le sud-ouest devait les conduire, par le nord du Viêt Nam et le Laos, jusqu'à la région s'étendant du Ménam au Mékong. La première mention des Thaïs « Syam » (les Siamois des Occidentaux) apparaît dans l'épigraphie du Champa dès 1050.

Vers 1220, les Syam de Sukhothai chassent le gouverneur khmer. Trente ans plus tard, ils s'érigent en royaume indépendant, dont Sukhothai et Si Sacchanalai (aujourd'hui Sawankalok) sont les capitales jumelles. Rama Kamheng (Rama le Fort, vers 1279-vers 1316) étend ses conquêtes à Vientiane, Nakhon Si Thammarat, Pegu et Luang Pralang. Ses successeurs ne seront guère en mesure de résister au royaume d'Ayuthia, fondé en 1350. Sukhothai sera définitivement annexé en 1438.

Contemporain de Rama Kamheng, Mangrai (1237-1317), héritier des princes de Ngön Yang (aujourd'hui Chieng Sen), indépendants dès le XIe s., crée un autre royaume thaï, le Lan Na, ou royaume de Chiangmai. Fondateur de Chiangrai (1262), il conclut en 1287, devant la menace mongole, un pacte d'amitié avec Rama Kamheng et le prince de Payao. Après s'être emparé de Lamphun (1292), capitale du royaume môn de Haripunjaya, il fonde en 1296 Chiangmai (la « Ville nouvelle »), capitale d'un royaume qui, en dépit de luttes presque incessantes avec ses voisins à partir du XVe s., conservera son indépendance jusqu'en 1773, une relative autonomie jusqu'en 1874 et l'originalité de sa culture pratiquement jusqu'à nos jours.
Dans le bassin du Ménam, les contrées le plus longtemps soumises au pouvoir d'Angkor recouvrent, elles aussi, leur indépendance (Lopburi, 1289), tout en passant sous l'autorité thaïe. Vers 1347, le prince d'U Thong fonde, dans une île du Ménam, Ayuthia, dont il va faire sa capitale en 1350, lors de son couronnement.

La prise d'Angkor (1431) met fin à la puissance khmère et le royaume de Sukhothai disparaît sept ans plus tard. Après 1488 (prise de Tavoy), les rivalités avec la Birmanie deviennent la source de conflits incessants, aboutissant à la prise d'Ayuthia et à la capture du roi (1569). La libération est l'œuvre de Naresuen (1590-1605), qui l'emporte sur les Birmans à Nong Sarai (1592).
Le
XVIIe s. est marqué par le développement des rapports avec les puissances étrangères, qu'annonçaient déjà les traités conclus en 1516 avec le Portugal et en 1598 avec l'Espagne : ambassade à la cour de Hollande (1608), relations avec l'Angleterre (1612). Le règne de Narayana (Phra Narai, 1657-1688), sous l'influence de l'aventurier grec Constantin Phaulkon (vers 1647-1688), promu surintendant du commerce extérieur, est dominé par le rapprochement avec la France et l'échange d'ambassades avec Louis XIV. À la mort de Phra Narai, une réaction nationaliste marque le déclin des relations avec l'Occident, qui ne reprendront qu'au XIXe s.
Occupée par des campagnes au Cambodge et les problèmes résultant des pressions du Viêt Nam sur le Laos et le Cambodge, la première moitié du
XVIIIe s. n'en est pas moins l'une des plus brillantes et des plus prospères de l'histoire d'Ayuthia. Pourtant, une nouvelle attaque de la Birmanie (1759) aboutit à la prise et au sac d'Ayuthia (1767), désastre dont le Siam semble ne pas devoir se relever. La libération et la renaissance, extrêmement rapides, sont l'œuvre des généraux Phya Tak (ou Taksin) et Phya Chakri. Le premier, qui a choisi Thonburi pour capitale en 1767, achève la reconquête dès 1770, le Lan Na devenant vassal en 1775. Le second rétablit la suzeraineté sur le Cambodge, occupe Vientiane (1778) et contrôle Luang Prabang. En 1781, rentrant du Cambodge pour mettre fin aux désordres causés par la folie de Phya Tak, il est couronné à Bangkok, nouvelle capitale, sous le nom de Rama Ier (1782).

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