Economie

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Une économie agricole...

En 1960, l'agriculture assurait 40 % du P.I.B. Ce chiffre a été ramené à 10,6 % en 1996. Elle emploie néanmoins 60 % de la population active. La Thaïlande est le premier exportateur mondial de riz, de caoutchouc, de manioc et le second pour le sucre. L'agriculture est majoritairement extensive, dominée par les petites et moyennes exploitations.

Les rendements de la riziculture, dont le foyer principal est la plaine centrale, sont parmi les moins élevés d'Asie (1,5 à 2 tonnes par hectare). La Thaïlande a pu rester autosuffisante en riz tout en développant ses exportations grâce surtout à la mise en culture de nouvelles terres et, dans une moindre mesure, grâce à l'extension de l'irrigation, qui permet de plus en plus souvent une double récolte annuelle. Cependant, la majorité des rizières reste pluviale, d'où des variations marquées dans la production annuelle. La mécanisation s'est développée. La faiblesse de son coût de production rend le riz thaïlandais très compétitif à l'exportation (40 % du marché mondial). Depuis 1989, concurrencée par le Viêt Nam, la Thaïlande se spécialise dans l'exportation de riz de qualité supérieure.
La politique gouvernementale d'achat du riz à bas prix a favorisé la diversification des cultures. À partir des années 1960, la culture du manioc s'est accrue, notamment dans le Nord-Est. Celui-ci est devenu le deuxième produit d'exportation après le riz : presque toute la production est exportée (granulés pour bétail). Mais les quotas d'importation imposés par l'Union européenne et un déclin notable de la productivité (épuisement des sols) poussent les paysans vers d'autres productions. Les cultures de fruits (ananas, longanes, bananes) et de légumes se sont également développées, et, les récoltes sont exportées vers Singapour, la Malaisie, et Hongkong, ou, plus récemment, l'Europe, les États-Unis et le Japon. Maïs, sucre, tabac, soja font également l'objet d'exportations. Le développement du réseau routier a profité à l'agriculture en facilitant l'extension des terres cultivées.

Depuis la construction d'une voie ferrée vers le Sud (1918), l'hévéaculture s'est développée dans cette région, essentiellement sous forme de petites plantations. Après 1970, les paysans ont été encouragés à replanter des variétés à haut rendement, et, entre 1982 et 1995, production et exportation ont été multipliées par trois. Le palmier à huile connaît aussi une nette extension. Alors que les élevages bovin et porcin ne satisfont pas les besoins de la consommation domestique, celui de la volaille, en revanche, a permis l'expansion rapide de l'exportation de poulets surgelés, pour laquelle la Thaïlande occupe le premier rang mondial.

... aux conséquences néfastes pour le milieu.

Ce développement agricole a pour revers une diminution excessive de la forêt (55 % du territoire en 1965, 26 % en 1995) ainsi qu'une érosion et un appauvrissement croissant des sols ; ainsi, d'exportatrice, la Thaïlande est devenue importatrice de bois. Enfin, si la pauvreté absolue a reculé dans les statistiques nationales (le revenu moyen annuel par habitant était de 2 740 dollars en 1995), les contrastes régionaux sont frappants, le Nord-Est et le Nord restant les régions les plus pauvres. Avec le développement agricole, les inégalités se sont accrues dans le monde agricole et le nombre de paysans sans terre travaillant comme journaliers a augmenté.
La pêche est très développée : poissons, mollusques et crustacés sont la principale source de protéines des Thaïlandais. Le développement d'une flotte moderne a provoqué la surexploitation des zones de pêche. Les industries de transformation (conserves et surgelés), et donc les exportations, se sont rapidement développées (multipliées par 15 entre 1981 et 1995).

Les ressources minières sont essentiellement l'étain (Sud-Ouest), dont la Thaïlande est le troisième producteur mondial (même si le marché ne s'est pas remis de la crise de 1985), le gypse, la potasse, le zinc, le tungstène et les pierres précieuses. Pauvre en énergie, la Thaïlande utilise ses réserves de lignite (centrale électrique de Mae Moh, dans le Nord), mais la découverte de pétrole et, surtout, de gaz naturel dans le golfe de Thaïlande, exploité à partir des années 1980, lui a permis de réduire quelque peu sa dépendance énergétique.

Une industrialisation rapide...

Alors que la part de l'agriculture dans le P.I.B. diminuait, celle de l'industrie est passée de 20 % (1960) à 40 % (1996), dont 29 % pour les industries manufacturières d'exportation (plus de 80 % des recettes d'exportation). Après 1986, ces dernières ont connu un essor rapide grâce aux investissements étrangers (Japon, Hongkong, Taïwan, Singapour) ; à partir de 1994, les produits textiles ont été dépassés par les composants électroniques et électriques. La Thaïlande réalise un taux de croissance annuel supérieur à 8 % entre 1980 et 1996, mais voit arriver la concurrence de la Chine et du Viêt Nam, où les salaires sont plus bas. Le tourisme constitue également une ressource importante (7,2 millions de visiteurs en 1996).

... mais risquée

La crise financière asiatique de 1997, que le pays a déclenchée, annule brutalement les acquis économiques du dragon et ses prétentions à devenir un pôle régional. En juillet 1997, le gouvernement décide de laisser flotter le bath, qui perd très rapidement la moitié de sa valeur face au dollar. La Bourse s'effondre, entraînant de graves répercussions sur les autres places financières asiatiques puis internationales, avec toutes les conséquences économiques qui en découlent. Le F.M.I. accorde à la Thaïlande une première aide de 17 milliards de dollars, mais exige en contrepartie l'austérité budgétaire et la réforme des systèmes bancaire et fiscal. La suite : récession et terrible montée du chômage. Après avoir enregistré un recul de près de 10 % en 1998, le taux de croissance retrouve en 1999 une valeur positive (autour de 4 %), grâce à la reprise générale en Asie, mais aussi aux programmes économiques du Premier ministre Chuan Leekpai, basés sur un allègement des dettes des entreprises et une relance de la consommation.